4 novembre 2008

Singer Songwriter


J'ai déjà salué les impressionnantes qualités de songwriter de Will Sheff, le leader et seul membre constant d'Okkervil River, à la sortie de The Stage Names, l'an passé. Et négligé de souligner, il y a quelques semaines, à quel point The Stand Ins, son successeur, prolongeait, approfondissait et répondait à cette réussite. En se mettant de nouveau dans la peau de personnages fictionnels ou réels (Jobriath, wannabe glam et mort du sida dans l'anonymat, la porn star suicidée Savannah, qui hantait déjà The Stage Names), Sheff multiplie les points de vue sur la célébrité, le show-biz et ceux qui s'y frottent, tissant une tapisserie cruelle, mordante et tendre. Le moins passionnant n'étant pas la façon dont il utilise la musique pour mettre en scène ces nouvelles pour les oreilles. "Pop Lie" est ainsi à la fois une merveilleuse chanson pop, une satire de celui qui la chante (lui-même ?), et une critique du phénomène pop.

Mais en revoyant Okkervil River hier, à l'Alhambra, ce qui m'a frappé avant tout, c'est l'impact émotionnel de Will, interprète passionné, presque possédé, et des cinq autres musiciens (dont une nouvelle guitariste multi-instrumentiste impressionnante, Lauren Gurgiolo), capables de toucher au grandiose sans jamais sombrer dans le pompeux. Si l'on veut jouer au jeu des analogies, ce serait un peu l'E Street Band qui aurait pris des leçons de sobriété chez The Band, et offrirait le lyrisme d'Arcade Fire en le dépouillant de son cirque. Schizophrène, le Sheff ? Non, juste passé maître dans la dialectique entre les contraires, un propos souvent sombre servi de façon lumineuse. Un peu statique et appliqué sur scène jusqu'ici, Okkervil a encore passé un cap. Je suis prêt à les suivre jusqu'au grand large.

Photo : ©senvalde sur Flicker



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