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18 décembre 2007

Cream (get on top)










C’est un des grands jeux de fin d’année. Tout le monde et son petit frère publie son top de fin d’année : la presse, les sites Internet, les blogs, vous et moi. Signe qui ne trompe pas, l’un des groupes qui marchent le mieux sur Facebook en ce moment n’est autre que Ton Top 10 albums 2007 vaut bien mon Top 10 albums 2007. Si vous n’avez pas encore plongé, le site Stereogum répertorie les listes “qui comptent” (Pitchfork, Rolling Stone, ce genre), tandis que les news de La Blogothèque recensent les tops plus, ahem, underground, disons, faute de mieux (lire : pointus, pertinents…).

L’intérêt de tout ça ? Jouer les supporters et se rassurer (ou au contraire, pester, si l’on est un peu snob, y a pas de honte) en s’apercevant que tel disque qu’on croyait passé inaperçu est tombé dans les bonnes oreilles. Ou, à l’inverse, se féliciter (si l’on est élitiste) ou pester que ses chouchous soient passés par pertes et profits.

Et, surtout, servir de pense-bête pour essayer de jeter une oreille sur tous ces disques peut-être bien essentiels qu’on a ratés, dans la surproduction ambiante.

Pas de raison que j’échappe à la règle. En toute subjectivité…

1. of Montreal – Hissing Fauna, Are You The Destroyer
- Okkervil River – The Stage Names
3. Caribou - Andorra
- The Sadies – New Seasons
5. Jens Lenkman – Night Falls Over Kortedala
- Sister Vanilla – Little Pop Rock
7. Apples in Stereo – New Magnetic Wonder
8. Fiery Furnaces – Widow City
9. Arthur & Yu – In Camera
- Liars - Liars
- The Raveonettes – Lust Lust Lust
- Super Furry Animals – Hey Venus !

30 août 2007

La vie à deux

A chaque fois, c’est la même chose : je ne peux m’empêcher de remarquer que pas mal de mes groupes favoris sont avant tout des couples. Question de tension sexuelle, de rivalité, de jalousie, de complicité ou d’un peu de tout ça, sans doute. Vrais ou faux, amis ou amants, époux ou divorcés, frère et sœur (vrai ou faux), ça marche à presque tous les coups, de Sonny & Cher aux Kills en passant par les Fiery Furnaces, Quasi ou les White Stripes.

Sans oublier Nancy Sinatra & Lee Hazlewood, Dan John et Tracee Mae Miller (Blanche), les Raveonettes ou Dean (Wareham) & Britta (Phillips). Si, justement, vous fondez pour ces derniers, vous êtes déjà tombés amoureux d’In Camera, le premier album d’Arthur & Yu, même si vous ne le savez pas encore.

Nés Grant Olsen et Sonya Westcott (Arthur & Yu sont leurs surnom de mômes), ces deux résidents de Seattle se sont prosaïquement rencontrés sur Craigslist, mais leurs voix – un peu métallique pour lui, troublante dans sa légère maladresse pour elle - s’enlacent comme celles d’Everly Brother & Sister (incestueux ?) biberonnés au Velvet du troisième album et aux refrains immémoriaux du folk appalachien. Enregistrés dans le living-room de Grant Olsen, sur un Mac Mini (« et sans plug-in vintage », aiment-ils à plaisanter), ces dix morceaux d’une constante qualité d’écriture, conçus comme des maquettes, sont publiés tels quels par Hardly Art, le nouveau sous-label de Sub Pop. Sans une note de trop, mais avec sans cesse de petites trouvailles (xylophone discret, clavier limite subliminal). Et un charme fou.

Si l’été finissant et les premières atteintes de l’automne déteignent sur votre météo intime, si la rentrée réveillent en vous la nostalgie et les chagrins de l’enfance, In Camera est fait pour vous.

Photo © Greg Lutze/Hardly Art

In Camera (Hardly Art/V2)

http://hardlyart.com/arthur_yu.html
http://www.myspace.com/arthurandyu