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28 septembre 2009

5 days later… still on a Fiery Furnaces high

Fiery Furnaces - Set list - 2009-09-23, Maroquinerie, Paris
In case anyone’s interested, here’s a pic of the set list at La Maroquinerie, Paris, september 23 2009. Plus the encore, as far as I can remember. That’s highly tentative, and any corrections are welcome.

Leaky Tunnel
Charmaine Champagne
Staring At The Steeple
Cut The Cake
Ray Bouvier
Chris Michaels
The End Is Near
Duplexes Of The Dead
Automatic Husband
Ex-Guru
Keep Me In The Dark
Drive To Dallas
Up In The North
Japanese Slippers
Evergreen
Worry Worry

I’m Waiting To Know You
I’m In No Mood To Comb My Hair
A Candymaker’s Knife In My Handbag
Here Comes The Summer

Photo : Marion Ruszniewski

25 septembre 2009

En retenue

Les Fiery Furnaces débordent tellement d'idées qu'ils peinent à trouver leur place dans le paysage musical des années 2000. Six albums studio en autant d'années, plus une compilation de singles, plus un double CD/triple live revisitant radicalement les chapitres précédents, sans oublier un double CD solo de Matt Friedberger, semblent avoir épuisé beaucoup de bonnes volontés. D'autant que, sur la plupart de leurs morceaux, les FF mettent davantage d'idées mélodiques et de trouvailles d'arrangements que nombre de leurs pairs sur toute leur discographie - et à peine moins de mots. Avec un luxe dans les détails - personnages, lieux - proprement vertigineux. Mais également ludique.

Sur scène, le groupe a toujours réarrangé ses morceaux jusque dans leur ADN, au point de les rendre parfois quasi méconnaissables. Une expérience virtuose et impressionnante, mais plus sans doute sur un plan cérébral que physique et émotionnel. Et parfois à la limite de la saturation sensorielle.

Mais il faut croire que Remember, le live/somme de l'an passé, a marqué la fin d'un cycle. I'm Going Away, le nouvel album, est le plus accessible du groupe depuis Gallowsbird’s Bark, leur tout premier, et l'EP compilatoire. Et, ce n'est sans doute pas une coïncidence, les paroles de chacun de ces disques sont écrites par Eleanor.

Connaissant l'art du contre-pied typique de la formation, on aurait pu s'attendre à ce que, sur la scène de la Maroquinerie, elle brouille les lignes de force pop d'I'm Going Away. Mais non, pour la première fois sans doute de leur carrière, les Fiery Furnaces ne jouent plus avec leurs chansons, comme le chat avec la souris. Ils les interprètent juste (dans tous les sens du terme) avec fougue, intensité et âme. Sans se départir de leur capacité à partir sur des tangentes et à en revenir (la rythmique Jason Loewenstein/Bob D'Amico est toujours irréprochable), mais avec une retenue et une sobriété qu'on ne leur connaissait pas. À l'image de Matt, dont le jeu de guitare semble transfiguré. Alors que, lors de la tournée Bitter Tea, il pouvait faire penser au rejeton épileptique de Robert Fripp et Frank Zappa, balançant un déluge de notes ininterrompu, ses interventions se font ici tranchantes et mesurées. Mais c'est encore Eleanor qui profite le plus de cette nouvelle approche. Si auparavant, elle semblait souvent devoir s'accrocher pour ne pas être éjectée d'un kayak dévalant des rapides ou d'un bronco au cours d'un rodéo (déjà un exploit), cette fois c'est elle qui mène la barque, habitée et dans une forme vocale éblouissante, y compris sur un "Chris Michaels" qui n'a jamais aussi bien sonné.

C'est comme si, pour une fois, le groupe s'était donné l'autorisation de s'amuser simplement (par rapport à ses propres critères), de faire confiance à ses chansons, de jouer le jeu du spectacle et du plaisir. Dissocier, pour une fois, pop songs et concepts se révèle un pari totalement payant. Alors même qu'ils redoublent d'idées, entre Pop Art et Fluxus, pour associer toujours plus leur public à leur démarche, la créativité devant se trouver des deux côtés de la relation. Ainsi, juste après le concert, ils ont donné une "Masterclass" où ils répondaient aux questions, et en ont profité pour se fendre de versions acoustiques de "Tropical Ice-Land" et "Single Again". Alors qu'avant la sortie d'I'm Going Away, ils avaient invité leurs fans à en faire une description imaginaire. Ils devraient aussi sortir un "album" sans aucun son, mais juste des partitions, des tablatures ou des descriptions - prétexte à concerts pour qui voudra s'en servir. Matt pense également composer un disque influencé par des bouts de papiers donnés par les amateurs du groupe - notes de supermarché comme petites histoires... Oh, et j'allais oublier, deux volumes de reprises d'I'm Going Away par les Friedberger sont aussi dans les tuyaux – chacun étant composé de six des morceaux avec de nouvelles musiques d'Eleanor, et des six autres en version Matt. Qui dit mieux ?

23 juin 2009

Le retour des morts-vivants

Eh non, ce blog n’est pas (encore ?) mort. Il bouge encore, la preuve. Le teint terreux, certes, les vêtements déchirés et l’œil vitreux.

Si j’étais malhonnête, je prétendrais qu’assommé par le départ de Lux Interior vers une autre dimension astrale, j’avais perdu le goût de la vie. Et que ce blog d’inspiration crampsienne – le nom est un gros clin d’œil à “Badass Bug” (Big Beat from Badsville) – en a accusé le contrecoup.

Ce qui n’est pas entièrement faux. Mais grandement exagéré. Non, j’ai surtout arrêté de blogger par désintérêt, flemme (je ne suis pas pour rien de la dernière génération pour qui le travail était quelque chose de facile à trouver, et qui se planquait derrière le droit à la paresse), éparpillement (et s’il y avait une réponse rigolotte à faire à un statut Facebook ?). Manque de coups de cœur musicaux, aussi. Et flemme encore quand, après deux phrases, j’ai renoncé à expliquer à la planète – qui l’a déjà compris, enfin, les concernés – pourquoi et comment les Black Lips étaient le seul vrai groupe garage actuel.

Là, je ressens à nouveau la démangeaison. Alors, je ne vais pas me gêner. Et hop, dans le désordre, façon Marvel Comics (en VO, pré bodybuilding des super-héros) de ma préadolescence…

# Item ! Isabelle Chelley et le Colonel Moutarde – l’irrésistible duo du Guide de survie des filles rock (Tournon) – récidivent avec le Guide de Paris ville rock (Tournon, toujours). Et la première d’entre elles vous le dédicacera, si vous le lui demandez gentiment (et éventuellement en lui payant un coup), demain soir (mercredi 24 juin) à l’UFO Bar, 49-51, rue Jean-Pierre Timbaud, dans le XIe, à partir de 21 heures.


# Item ! Fredo Viola m’a encore bluffé hier soir au café de la Danse. Qu’il s’autosample ou se loope, ou qu’il se la joue acoustique avec un (gros) coup de main des Mancuniens d’I Am Your Autopilot et du Lyonnais Scalde, les mélodies en apesanteur et entrelacs harmoniques de la bande caressent les tympans sans jamais tomber dans la préciosité. Et l’homme au chapeau, réalisateur de formation, réalise aussi d’étonnantes vidéos circulaires.

# Item ! Ghost Train Tragedy, le 2e album de Coming Soon, à sortir le 7 septembre, plaira aux fans de Coney Island Baby. “Love In The Afternoon” est déjà en écoute sur leur moneuspace.

# Item ! J’ai résisté à télécharger illégalement I'm Going Away des Fiery Furnaces, un mois avant sa sortie. Je n’ai pas envie de gâcher l’excitation du vinyle acheté chez un vrai marchand. Et puis, peut-être que j’ai un peu peur d’être déçu, parce que la version live téléchargée (avec la bénédiction du groupe) chez nyctaper n’est pas facile, à la première écoute. Faut dire que, puisque c’est un album plutôt claviers, ils le jouent en config’ guitare. Logique. Pour eux.

# Item ! Je ne sais même pas si l’arrivée autoproclamée (on va attendre la confirmation officielle) de Frédéric Mitterrand – la droite devrait apprendre à bien dire Mi-tè-ran, et plus Mitran – à la Kulture m’amuse. Surtout accompagnée d’une nouvelle crispation Hadopi. Ce n’est pas parce qu’il y a de vraies questions qu’une mauvaise réponse devient juste.

# Item ! En revanche, la Genèse par Crumb comme BD d’été dans Télérama, ça me provoque une franche hilarité. Comme le hors-série spécial AC/DC des Inrocks.

31 juillet 2008

Summer Digest

Non, non, ce blog n'est pas mort. Juste mis entre parenthèses pour cause de boulot envahissant, puis de vacances besogneuses (le bureau de mon humble demeure a emprunté son code couleur aux White Stripes) ou pas (semaine idyllique entre amis en Haute-Provence, super merci aux Affreux, et très spéciale dédicace à JM, Caro et baby Margaux pour le cadeau d'anniv entre ciel et terre moult apprécié).

Bon, mais je ne suis pas là pour raconter ma vie. Et mes obsessions musicales, elles, ne connaissent pas ni parenthèses ni vacances.

Rien de mieux, donc, pour reprendre contact avec la réalité qu'une dose massive de Fiery Furnaces. J'ai eu la chance de commencer à apprivoiser Remember, leur copieux live (2 CD ou 3 LP, au choix), à sortir dans trois grosses semaines.



En général, avec le live, on sait où on met les pieds : effet madeleine garanti pour les fans avec, en prime, dans les bons cas, le petit supplément d'âme que peut apporter l'interaction entre le public et l'artiste. Evidemment, Matt et Eleanor ne mangent pas de ce pain-là. Trop facile, trop convenu. Eux qui ont l'habitude de revisiter différemment leur répertoire chaque soir (tempo, mélodies, structures, enchaînements, sonorités), avec des musiciens qui varient souvent autour des piliers (presque) fixes que sont le fidèle batteur Bob d'Amico et l'ex (mais pas que) Sebadoh Jason Loewenstein, à la basse, ou à la guitare, ont adopté la même démarche à la structure de ce disque live en forme de puzzle. Les versions sont empruntées à une multitude de dates, sur plusieurs années, avec diverses configurations du groupe, et une qualité sonore variable (mais généralement bonne). Les enregistrement "pirates" (les Furnaces n'ont rien contre) des fans ont d'ailleurs été mis à contribution, dont le fameux nyctaper (j'y reviendrai). Et, pour mieux brouiller les pistes, plus d'une chanson mêle différentes prises sur différentes dates, avec des personnels variés !

Frank Zappa l'avait déjà fait, certes, sauf que lui menait son monde à la baguette. Ce qui n'est pas le cas de Matt F. Et nous vaut quelques transitions aussi réjouissantes que décoiffantes.

Au bout du compte, Remember, même si les familiers du groupe connaissent les morceaux, est bel et bien un vrai nouvel album, aussi créatif et aventureux que les opus studios, qu'il faut du temps pour digérer. Plein de surprises et de contre-pieds, au risque d'un ou deux petits ratés à l'occasion ("Tropical Ice-Land" sort sérieusement cabossé de l'épreuve). Mais c'est là la rançon de l'aventure, et on l'acquitte volontiers.

Et ceux qui ne seraient pas rassasiés ont déjà le chapitre suivant de l'aventure (live) à se mettre dans les oreilles. L'irrépressible nyctaper a eu la bonne idée de capter leur concert du 17 juillet dernier à l'East River Park de New York. L'occasion parfaite de les découvrir dans une formation encore renouvelée : Eleanor et Matt (cheveux coupés, il ne ressemble plus à un éternel étudiant, mais à votre voisin de barbecue du dimanche, et renoue avec la guitare pour une moitié du show), Bob d'Amico, Annabelle Cazes alias Glockabelle au glockenspiel, et le percussioniste Michael Goodman (déjà compagnon de route quelques mois en 2006-2007) pour "remplacer" Jason, en villégiature estivale. A télécharger, au choix, directement en mp3, ou via un petit mail à nyctaper, en flac.

Sur ce, bonne digestion...

19 juin 2008

Coup de chance

Comme je le racontais la dernière fois, un des premiers albums que j’ai failli acheter était A Question Of Balance des Moody Blues. Je l’ai échappé belle ! Car si, en 68-69, les Anglais ont connu une sorte d’état de grâce, il s’est aussitôt dissipé. Justifiant les quolibets qui les ont accablés (non, je n’ai quand même pas poussé le vice jusqu’à jeter une oreille aux albums post-reformation, avec mullets et résidences à Las Vegas à la clé).

Histoire de me rincer les oreilles, et de me mettre en bouche avant leur double CD live annoncé pour août, Remember, j’ai profité de ce qu’un homme de bien avait posté la prestation des Fiery Funaces à Bonnaroo, le week-end dernier, pour me délecter encore une fois de la façon qu’ont les Brooklyno-Chicagoans de réinventer leur répertoire.
Pour ces dernières dates avant les vacances, ils ont eu la double bonne idée de mettre entre les pattes de Jason Loewenstein, fraîchement rentré d’un périple européen avec Sebadoh, une guitare plutôt qu’une basse, et d’inviter leur amie Annabelle Cazes, alias Glockabelle. Qui, comme son surnom l’indique, est une allumée du glockenspiel, dont elle joue avec un dé à coudre à chaque doigt (sauf le pouce) – quand, en guise d’intro à “Navy Nurse”, elle n’expédie pas la “Marche Turque” sur un mini Casio !


Infatigables, les Friedberger ont assuré dans la foulée un deuxième set totalement différent, paraît-il, sans Annabelle mais à deux guitares, l’alimentation des claviers de Matt étant déglinguée. Hélas, sans trace apparente sur les Interwebs…

Si vous avez envie de savoir comment les Fiery Furnaces avaient remplacé Jason, c’est encore une fois vers nyctaper qu’il faut se tourner, avec un show capturé en avril à Brooklyn. Et c’est assez savoureux. Plutôt intrigante sur le papier, leur collaboration avec Kyle Hollingsworth, clavier du jam band String Cheese Incident, a tenu ses promesses, dans un genre plus déconnant que prog (ouf !), avec pas mal de vieilles chansons dépoussiérées au menu.

Bref, tout cela me donne une furieuse envie de découvrir Remember. Qui, comme il se doit, ne sera pas un live “normal”, mais mélangera des chansons (ou fragments) extraits de concerts de différentes périodes. Déconstruction, quand tu nous tiens…

Quant au prochain disque studio, après vote des fans, il s’agira d’un album funky, dont les paroles seront inspirées par des tranches de vie de ces mêmes fans, brièvement résumées sur des feuilles remises à Matt à l’issue des concerts. La routine, en somme, pour un groupe de rock moyen…

Et pour en rester dans mes obsessions, Skeletal Lamping, le prochain of Montreal, conçu selon Kevin Barnes pour déjouer les attentes de l’auditeur, est attendu pour octobre, concert à l’Elysée-Montmartre le 15 en prime. Une visite tous les six mois, c’est une bonne moyenne, merci à eux.

18 décembre 2007

Cream (get on top)










C’est un des grands jeux de fin d’année. Tout le monde et son petit frère publie son top de fin d’année : la presse, les sites Internet, les blogs, vous et moi. Signe qui ne trompe pas, l’un des groupes qui marchent le mieux sur Facebook en ce moment n’est autre que Ton Top 10 albums 2007 vaut bien mon Top 10 albums 2007. Si vous n’avez pas encore plongé, le site Stereogum répertorie les listes “qui comptent” (Pitchfork, Rolling Stone, ce genre), tandis que les news de La Blogothèque recensent les tops plus, ahem, underground, disons, faute de mieux (lire : pointus, pertinents…).

L’intérêt de tout ça ? Jouer les supporters et se rassurer (ou au contraire, pester, si l’on est un peu snob, y a pas de honte) en s’apercevant que tel disque qu’on croyait passé inaperçu est tombé dans les bonnes oreilles. Ou, à l’inverse, se féliciter (si l’on est élitiste) ou pester que ses chouchous soient passés par pertes et profits.

Et, surtout, servir de pense-bête pour essayer de jeter une oreille sur tous ces disques peut-être bien essentiels qu’on a ratés, dans la surproduction ambiante.

Pas de raison que j’échappe à la règle. En toute subjectivité…

1. of Montreal – Hissing Fauna, Are You The Destroyer
- Okkervil River – The Stage Names
3. Caribou - Andorra
- The Sadies – New Seasons
5. Jens Lenkman – Night Falls Over Kortedala
- Sister Vanilla – Little Pop Rock
7. Apples in Stereo – New Magnetic Wonder
8. Fiery Furnaces – Widow City
9. Arthur & Yu – In Camera
- Liars - Liars
- The Raveonettes – Lust Lust Lust
- Super Furry Animals – Hey Venus !

19 novembre 2007

Cadavre exquis


Si le propre du songwriter rock est d’étaler ses tripes sur la table, en prenant l’auditeur, ravi, comme confident (de ses tourments, de préférence, pour l’école romantique, ou de ses coups de sang et de colère contre cette trop injuste société, pour l’école enragée/engagée), il n’est pas interdit de chérir les francs-tireurs qui préfèrent mettre l’imagination au pouvoir.

Comme les Fiery Furnaces, au hasard. Hasard qui, justement, est un des grands moteurs du processus créatif, ainsi que l’explique Matt Friedberger dans un passionnant article du Village Voice, paru il y a quelques semaines. Très proche du surréalisme, il décrit de façon très précise comment il s’inspire de détails qui lui tombent sous le regard pour laisser vagabonder son imagination, sans se censurer, dans une forme d’écriture automatique, la mise en forme n’intervenant que bien plus tard – en prenant en compte ce qui pourrait être amusant à chanter pour Eleanor, notamment. Une méthode qui explique sa productivité – environ 300 chansons par an dont la plupart ne son jamais enregistrées –, mais aussi le côté “irrationnel” de bon nombre de leurs textes – par ailleurs très narratifs. Ce côté qui irrite bon nombre de gens, qui aiment pouvoir attribuer un sens précis aux paroles de chansons – comme David Lynch peut rendre chèvre les cartésiens.

A titre d’illustration, j’ai tenté – maladroitement et modestement, car certains double sens et jeux de mot sont impossibles à restituer – de traduire les quatre première chansons de Widow City, leur récent album. Ce qui correspond à la première face de la version vinyle, WC (les initiales amusent Matt) étant justement conçu comme un double album à l’ancienne, dont chaque face est structurée comme une mini-suite avec un morceau long et complexe en ouverture, suivi d’un enchaînement de trois chansons plus linéaires.


LE JURY D’ACCUSATION DE PHILADELPHIE
Il n’y a plus de faveurs à demander ;
Plus de pétitions à faire circuler ;
Tout est désormais entre les mains - tout est entre les mains
Du jury d’accusation de Philadelphie.
Pas possible de tomber sur des enfoirés plus corrompus.

Assurez-vous qu’ils aient bien enregistré mon testament.
Assurez-vous que maman ne regarde pas le journal.
On sait déjà – aucun suspense
Que le jury d’accusation de Philadelphie me passe le nœud coulant autour du cou.

Pas possible de tomber sur des enfoirés plus corrompus.


LES DUPLEX DES MORTS
Je suis descendue dans les duplex des morts
Où les volets sont tirés et les ombres closes,
A moins de connaître le mot magique
(Rarement prononcé mais souvent entendu.)
Mordez-vous les lèvres et tournez trois fois sur vous-même !

Pendant notre lune de miel,
Mon mari est resté assis,
Avec une lueur dans l’œil et un stylo dans la main gauche.
Il a écrit le mot magique sur le vernis.
(Rarement vu et jamais entendu.)
Il m’a fait taire puis s’est affaissé en arrière, profondément endormi.

Je me suis mise à bougonner, assise au soleil près du porte-parapluies.
J’ai eu toutes sortes d’exigences déraisonnables,
Je me suis couvert la tête et je me suis rendue à la piscine du bureau
Je me suis inclinée, déférente, une mule ressemelée
Et j’ai demandé aux émanations de chlore si elles avaient quelque chose à mentionner


MARI AUTOMATIQUE
Merci de demander.
Oui, c’est vrai, nous vous attendions.
Nous vous attendions.
Persuadez votre mari qu’il devrait rester à notre disposition aujourd’hui et notez tout ce que nous disons
Sur le nouvel assistant du bus de ramassage scolaire qui s’est fait moucharder, à laisser sept enfants endormis sur leur siège, dans une transe provoquée par la climatisation.

Alors je suis remontée dans notre chambre
Et j’ai dit à mon mari de s’asseoir sur la table basse
Et que ses paupières se faisaient lourdes
Et quand il s’est endormi j’ai remis le stylo dans sa main gauche.

Aux phases 8 et 31 les Quatre Facultés sont accomplies, mais les Principes sont nombreux.
L’année solaire, si on regarde, est comme l’évêque dans le ruisseau, selon ce livre
Ecrit par le nouvel assistant du bus de ramassage scolaire qui s’est fait moucharder, à laisser sept enfants endormis sur leur siège, dans une transe provoquée par la climatisation.

Et n’oubliez pas la carte imaginaire
Des Manifestations d’Assassinats
En possession du bureau des pompes funèbres
(Egalement connu sous le nom des Esthéticiens Cadavériques)
Son numéro de téléphone local répond autant qu’un clou de porte dans le menton d’une pauvre souris de sacristie.
Ou du moins c’est ce que prétend le thème astral de naissance que j’ai fait rapatrier du Mexique.
Il a été calculé par une commission spéciale d’entraîneurs de basketball navajos et de blondes.


EX-GOUROU
Une de ces blondes exerçait une certaine emprise sur moi.
Je me suis rendue à tous ses séminaires à proximité de l’aéroport, à l’Arbre Double.
Je lui même permis d’utiliser gratuitement l’hydravion de mon neveu aux Bahamas.
Mais elle n’est plus rien pour moi.
Je me le répète tous les jours :
Elle n’est plus rien pour moi.
Je me le répète chaque jour que Dieu fait,
Je suis tout à fait convaincue que j’ai échappé à son emprise.

J’ai brûlé tous mes vêtements au jus d’eucalyptus ;
J’ai arraché tous les planchers et repeint les tribunes couleur puce;
Et j’ai été jusqu’à sacrifier un deuxième serpent à Zeus,
Par conséquent elle n’est plus rien pour moi
Je me le répète tous les jours.
Elle n’est plus rien pour moi
Je me le répète chaque jour que Dieu fait,
Je suis toujours convaincue que j’ai échappé à son emprise.
Mais quand elle se morfond au clair de Lune sur sa mesa, au mois de mars
Explose-t-elle comme l’orage
Quand elle pense à ma trahison ?

Elle n’est plus rien pour moi.
Elle n’est plus rien pour moi.


Pour retrouver les paroles originales, rendez-vous sur le très distrayant site officiel du groupe.

16 novembre 2007

Fun House



Des mots… plein de mots, des bouts de phrases extraits de leurs chansons qui se chevauchent et se télescopent, c’est ce qu’ont choisi les Fiery Furnaces pour remplir leur rideau de fond de scène. Un choix tout sauf innocent, quand on connaît la propension de Matt Friedberger à imaginer moult histoires abracadabrantesques remplies de noms de lieux et de personnes et de références ésotérico-ludiques. Et tout autant, comme on a encore pu encore le constater hier soir au Nouveau Casino, quand on connaît la capacité des Brooklyniens (d’adoption) à recombiner les chansons de leur foisonnant répertoire (6 CD en 5 ans, plus le double solo de Matt !), en les réinventant au passage.

Autant dire que même avec un personnel inchangé par rapport à leur dernier passage dans le même lieu, il y a 18 mois, tout est transformé. D’abord, cette fois, l’aîné des Friedberger est aux claviers (orgue, piano et synthé, triturés aux pédales d’effets) et ne chante quasiment pas, laissant Eleanor (qui ressemble de plus en plus à Karen Carpenter, avec sa mèche dans les yeux) se dépêtrer avec une grâce infinie des acrobatiques tartines que son frangin lui met en bouche. Et puis, naturellement, cette fois, c’est Widow City, le nouvel album, qui structure le set, où s’incorporent organiquement les chansons plus anciennes. Même quand on connaît tous leurs albums par cœur, l’effet live est bluffant, tant la profusion de thèmes a de quoi donner le tournis. Et si, après tout, les Fiery Furnaces sur scène étaient un genre de parc d’attractions ? Quelque part entre roller-coaster en folie (brusques virages, doubles loopings, vrilles inattendues), fun house (miroirs déformants, escaliers instables, courants d’air) et maison hantée (passages secrets entre les différents thèmes et albums, intervention du surnaturel). Quelque chose de très physique aussi, grâce à l’impact du tandem rythmique Jason Loewenstein (basse, ex-Sebadoh)-Bob d’Amico (batterie).

Bref, une expérience unique. Et multidimensionnelle. Normal. Les Fiery Furnaces ne font jamais rien comme tout le monde. Ce qui leur vaut sans doute d’être un des groupes les plus controversés de la décennie. Sur qui je ne me priverai pas de revenir. Après tout, si leur musique se mérite, exigeant de l’auditeur un effort (d’attention, au moins) réel pour en saisir la substance, en faire l’exégèse est ensuite un plaisir. Qui a déjà nourri maint autres blogs. Pourquoi s'en priver ?

9 novembre 2007

Ailleursland

Si j’étais moins feignant, je passerais plus de temps à écrire ce blog, au lieu de lire (et d’intervenir sur) ceux des autres.

Mais comme je n’ai pas un si mauvais fond, le moins que je puisse faire ici est au moins de faire profiter de mes trouvailles.

Pour rester du côté de Sleater-Kinney, épinglé hier, Carrie Brownstein, la brune guitariste (plutôt lead, mais les entrelacs de six-cordes étaient une des marques de fabrique du groupe) et chanteuse (plutôt deuxième voix, mais les chevauchements de cordes vocales, etc.) tient un nouveau blog depuis le début de la semaine, Monitor Mix. Le thème : essentiellement des réflexions sur la musique, la façon dont elle est reçue, jouée, sans avoir peur des digressions. Le ton et les questions soulevés sont pertinents (par exemple, pourquoi a-t-on tendance à négliger les artistes les plus importants qui vous ont forgé le goût ?), et Carrie ne censure pas les (très nombreux) commentaires et réponses et. La preuve ? Dans son entrée sur l’affectation, elle m’a laissé citer en illustration les groupes qui se mettent en indeterminate hiatus.

Plus près de chez nous, l’excellent Philippe Dumez, dont je ne saurais trop vous recommander la lecture quotidienne de I Wanna Be Your Blog (en tête de mes liens), est le récent initiateur de Ween Will Rock You, consacré aux faux frères Dean et Gene. Même si, comme moi, vous avez du mal à vous laisser entièrement convaincre par La Cucaracha, leur petit dernier, vous pourrez y découvrir, notamment, de brillantes (quoique un peu hermétiques) exégèses de l’inimitable Pacôme Thiellement.

Et pour finir en musique, un petit tour du côté de nyctaper. Non, ce n’est pas une insulte, ça signifie juste l’enregistreur de New York… Un homme de bien qui, non content de fréquenter les concerts (Fiery Furnaces, of Montreal, Wilco, Richard Thompson, Dinosaur Jr, mais aussi Björk, nul n’est parfait), en ramène des captures audio d’excellente qualité avec son petit équipement personnel. Merci à lui!