Focus - Hocus Pocus
Jusqu’à hier soir, et depuis une grosse trentaine d’années au bas mot, j’avais oublié jusqu’à l’existence de Focus. Mais entendre quelques mesures de “Hocus Pocus”, son chef-d’œuvre (hum), dans le deuxième épisode de Saxondale (voir plus bas), m’a ramené à mon flirt adolescent (sans trop de suite) avec le diable, ou plutôt le prog-rock. Un genre qui mérite tout les sarcasmes – et plus – dont ont pu le couvrir les punks, à une paire d’exceptions près (King Crimson période 72-74, et peut-être Van der Graaf Generator, pour le souvenir que j’en garde). Et qui menace d’être réhabilité par toutes sortes d’irresponsables, les abominables Mars Volta en tête.
Ceci posé, “Hocus Pocus” continue à me réjouir. Je veux dire, où d’autre peut-on trouver un tel mélange de gros riffs idiots et de yodel, hein, franchement ? Ce qui amène à se poser d’autres questions. Quelles substances pouvaient donc traîner aux Pays-Bas au début des années 70 pour produire ça ? Et surtout, s’il en restait, est-ce que vous en prendriez ?
Pour la BBC, il a créé à la radio puis à la télé (Knowing Me, Knowing You with Alan Partridge et deux saisons de I’m Alan Partridge) un personnage d’animateur plus inculte et imbu de lui-même que nature, obséquieux et lèche-cul avec les puissants et odieux avec ses collaborateurs, qui continue à faire les beaux jours de BBC Prime, lors de multiples rediffusions. Cette même BBC Prime qui diffuse donc, en ce moment, Saxondale (encore deux épisodes, ce soir et mardi prochain à 21h30, rediffusion dans la nuit à 1h, en VO only). Toujours soucieux de soigner son image, Coogan campe ici un ex-roadie reconverti dans l’extermination des nuisibles («Simply the Pest »), pas trop regardant sur les moyens, et doté d’un tempérament plutôt volatile. Ce qui nous vaut notamment d’hilarantes séances de thérapie de groupe. Plein d’extraits de “Hocus Pocus” (sans parler du générique, “House Of The King”, également exhumé chez Focus). Et de grands moments de rire jaune et d’embarras, décidément une des grandes spécialités de l’humour TV british (voir The Office).
Et pour faire bonne mesure, Steve Coogan n’est pas loin d’être comme ça dans la vie. Surpris par les redoutables tabloids anglais avec de la coke et des putes baltes dans sa chambre d’hôtel, il s’est exclamé : « Mais je croyais que c’était des réfugiées, je voulais les aider ! » Rock’n’roll !